Un mois sans bouger de chez moi, cocooner, couver, tricoter, faire des confitures et des gateaux assise dans la cuisine, me traîner jusqu'à la boulangerie ou la pharmacie comme seule sortie de la semaine... 

Tenir le bon bout, commencer à fantasmer mon bébé, préparer sa petite chambre, l'imaginer, les larmes aux yeux, dans ses petits vêtements... 

Et puis, bing, sans crier gare, alors même que la veille, quelques contractions anodines semblaient être seulement le résultat de quelques nuits d'insomnie (mais finalement, c'était peut-être ça le signe avant-coureur ?), me voilà un samedi matin de janvier, à 6h du matin, avec des douleurs dont j'ai tout de suite su qu'elles annonçaient quelque chose d'exceptionnel (ah combien de fois je me suis demandé comment je les reconnaîtrais, ces signes de l'arrivée d'un bébé ;))). 

Tordue de douleur pendant près de deux heures, à quatre pattes dans mon salon, toute honte bue :)), avant de boucler la valise et de nous engouffrer dans un taxi, dents serrées pour ne pas effrayer le pauvre chauffeur qui, je crois, n'a compris ce qu'il se passait que quand il m'a vue sortir de son taxi, pliée en deux sur le trottoir et m'a timidement dit un "bon courage" de bon aloi :)

Arrivée à la maternité, sage-femme très zen et cool qui m'ausculte tranquillement jusqu'à ce que... branle-bas de combat, bébé très très pressé ! 

Révélation : Je n'ai jamais autant aimé quelqu'un que cette anesthésiste qui portait des grosses lunettes et du rouge à lèvres rouge vif dès les premières heures du jour :) 

Deux heures plus tard, le papa éclatait de joie, dans un rire tonitruant en le voyant et je prenais notre petit Pierre tout contre moi pour la première fois...